Définition gaz de schiste

Le sujet est aussi polémique que technique, rares étant les citoyens ayant une idée précise de la définition du gaz de schiste. Parfois appelé gaz de "roche-mère", son provient nom d'une erreur de traduction de la langue anglaise du terme "shale gas". En réalité, le gaz n'est pas extrait du schiste mais d'une argile sédimentaire imperméable non métamorphorique (shale en anglais). Composé en majorité de méthane, le gaz de schiste est un gaz non-conventionnel.

Pourquoi est-il non-conventionnel ?

Un gaz naturel conventionnel est retenu dans une roche perméable ou poreuse. Il est donc facilement exploitable. Le gaz de schiste, prisonnier d'une argile imperméable à une profondeur comprise entre un et trois mille mètres, nécessite une technologie particulière, appelée fracturation hydraulique, pour être exploité. Cette méthode d'exploitation requiert l'utilisation de produits chimiques afin de fracturer la roche.

Quelle différence avec l'huile de schiste ?

Les roches contenant du gaz de schiste contiennent parfois également de l'huile de schiste, une forme de pétrole. Cependant, les faibles densités d'huile de schiste ne permettent pas une exploitation rentable en l’état actuel des technologies.

Quelles sont les réserves mondiales ?

Les experts estiment les réserves de gaz de schiste à près de 207 milliards de m3 soit environ le tiers des réserves mondiales en gaz naturel. Cette estimation est loin d’être prouvée mais il faut la comparer à la consommation mondiale de gaz naturel en 2010 qui s'élevait à 3,1 milliards de m3 : les réserves de gaz de schistes représentent potentiellement 140 ans de la consommation actuelle. Comme toutes les autres ressources naturelles, les réserves de gaz de schiste sont inégalement réparties et largement concentrées sur les Etats-Unis, la Chine, l'Algérie et l'Argentine.

Les Etats-Unis exploitent les gisements de gaz de schiste du massif des Appalaches et de l'Illinois depuis plus d'un siècle mais l'exploitation a décollé grâce à l'explosion des prix des autres sources d'énergie conjuguée aux progrès dans la méthode d'extraction. Les coûts de production du gaz de schiste étant élevés, l'exploitabilité des réserves de schiste dépendent du cours du gaz naturel conventionnel. Le business model de l'exploitation de gaz de schiste est fragile : l'augmentation de la production de gaz de schiste aux Etats-Unis a fait chuter les cours du gaz et fait perdre toute rentabilité à certaines exploitations de gaz de schiste.

Quelles sont les perspectives pour l'exploitation du gaz de schiste ?

Si les Etats-Unis sont le seul pays à avoir porté l’exploitation du gaz de schiste à un niveau industriel, plusieurs autres Etats (qui ne sont pas connu pour leur attachement au respect de l’environnement) fondent beaucoup d’espoir sur cette source d’énergie :

  • La Chine a dévoilé son ambition en matière de gaz de schiste en fixant un objectif de production à de 6,5 milliards de mètres cubes à horizon 2015 et un objectif à 30 milliards par an à plus long terme. La Chine investit également dans la recherche afin d'améliorer les technologies employées.
  • L’Algérie, 4ème exportateur mondial de gaz, est déjà un acteur majeur du marché gazier et voit son influence s'accroitre avec une estimation de ses réserves de gaz de schiste s’élevant à 20 milliards de m3. Les premiers puits ont été construits dès 2011 dans le désert du Sahara. Mais la loi algérienne devrait encore évoluer afin de modifier la réglementation en vigueur pour encadrer l'exploitation de gaz non conventionnels.
  • En Afrique du Sud, de nouvelles perspectives d'exploitation sont entrevues suite à la levée, en 2012, du moratoire sur l'exploration des gisements de gaz de schiste.
  • Avec plus de 13 entreprises ayant acquis des droits d'exploitation, le Canada a produit 2,1 milliards de m3 en 2012. L'exploitation est cependant menacée par des revendications de la population, qui s'inquiète des conséquences pour l'environnement.

En revanche, d’autre pays ont pris des mesures pour interdire les techniques d’extraction très polluantes nécessaires à l’exploitation du gaz de schiste :

  • En juillet 2011, le gouvernement français a légiféré et interdit la fracturation hydraulique au nom du principe de précaution inscrit dans le bloc constitutionnel. La France est ainsi devenue le premier pays à interdire la seule méthode connue d'exploitation des gaz de schiste. Cependant, la position de la France est ambigüe puisqu'elle a signé un accord avec l'Algérie afin de mener des recherches dans le sous-sol algérien.
  • L'Allemagne a également des réserves en gaz de schiste mais n'a pour l'instant commencé à les exploiter.
  • En Espagne, la région autonome de Cantabria a interdit la fracturation hydraulique mais pas l'exploration des gisements.

Pour l'instant il n'existe pas d'alternative sérieuses à la fracturation hydraulique qui fait tant débat. D’autres méthodes utilisant l'air comprimé sont à l'étude mais ne sont pour l'instant pas adaptées à l’échelle industrielle.

A propos de l'auteur

Un article d'. Passionné de montagne et de nature, Edouard est un acteur engagé (et enragé) de la lutte contre le gaz de schiste.