La théorie du moindre mal

Au niveau de l’impact environnemental, il est bien difficile de soutenir que l’exploitation du gaz de schiste constitue une solution satisfaisante. Toutefois, les thèses favorables au gaz de schiste n’hésitent pas à soutenir qu’il s’agit là d’un moindre mal pour la planète.

L’argument des émissions de CO2 à la combustion

Argument phare des pro-gaz de schiste, le gaz naturel émet moins de CO2 lors de sa combustion par quantité d’énergie que le fioul ou le charbon.

Energie Gaz naturel (méthane) Charbon Fioul
CO2 émis pour 1 mégajoule produit 55 grammes 110 grammes 70 grammes

Le développement du gaz de schiste permettrait donc de renforcer le gaz naturel dans le mix énergétique mondial au détriment des autres hydrocarbures plus polluants. De plus, la production de gaz de schiste dans des pays importateurs de gaz comme la France évite les émissions de CO2 liées au transport du gaz, favorisant encore le bilan carbone de cette énergie. Au final, les partisans du gaz de schiste n’hésitent pas à affirmer que son exploitation entrainerait la diminution des émissions de gaz à effet de serre.

La réalité : un bilan carbone désastreux en raison des modalités d’exploitation des gisements

Malheureusement, le monde du gaz de schiste n’est pas aussi rose. La technique de la facturation hydraulique nécessite le creusement de forages bien plus nombreux que dans l’exploitation des gisements traditionnels de gaz. Ainsi, les fuites du méthane s’échappant du sous-sol dans l’atmosphère sont bien plus nombreuses pour le gaz de schiste que pour le gaz naturel issu de gisements traditionnels. La fracturation hydraulique utilise en effet des fluides qui, lorsqu’ils sont remontés à la surface, rapportent avec eux des bulles de méthane qui se libèrent dans l’atmosphère. Problème : le méthane est un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le CO2 ! Ainsi, une étude américaine de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’Université du Colorado, a priori peu suspects de biais anti-gaz de schiste, a évalué à 9% la quantité de méthane s’échappant dans l’atmosphère pendant son exploitation dans le cadre de gisement de gaz de schiste. Une autre étude de l’Université de Princeton et de l’Environmental Defense Fund estimait que le bilan effet de serre était favorable au gaz de schiste face au charbon jusqu’à 3,2% de fuite de méthane dans l’atmosphère. Le gaz de schiste est donc bien plus dangereux pour le réchauffement climatique que le charbon !

Ainsi, une étude américaine de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et de l’Université du Colorado, a priori peu suspects de biais anti-gaz de schiste, a évalué à 9% la quantité de méthane s’échappant dans l’atmosphère pendant son exploitation dans le cadre de gisement de gaz de schiste. Une autre étude de l’Université de Princeton et de l’Environmental Defense Fund estimait que le bilan effet de serre était favorable au gaz de schiste face au charbon jusqu’à 3,2% de fuite de méthane dans l’atmosphère. Le gaz de schiste est donc bien plus dangereux pour le réchauffement climatique que le charbon !

L’argument des avantages de la production dans les pays riches

D’autres voix se font entendre pour affirmer qu’il est préférable que l’énergie soit produite dans les pays développés, afin qu’un minimum de normes environnementales et de sécurité soit respectées. Mieux vaut lancer en France l’exploitation du gaz de schiste, plutôt que de consommer le pétrole produit au Nigéria dans des conditions dramatiques. Bien évidemment, ce n’est pas parce que nous détruirons le paysage français avec des puits de gaz de schiste que les pays en voie de développement feront plus attention à leur environnement, ou que le Nigéria ne trouvera pas de voies d’exportation.

Et en-dehors du réchauffement climatique ?

Entre la contamination des eaux profondes et des eaux de surface, le mitage du paysage et le risque sismique, il est difficile de trouver une source d’énergie produisant des effets environnementaux plus désastreux, même en-dehors des considérations liées au réchauffement climatique ! Peut-être peut-on se poser la question pour le charbon, grand émetteur de particules nocives et qui pose de graves problèmes de santé public pour les populations riveraines des centrales.

A propos de l'auteur

Un article d'. Passionné de montagne et de nature, Edouard est un acteur engagé (et enragé) de la lutte contre le gaz de schiste.