Consommation d’eau liée à l’exploitation du gaz de schiste

Avec le gaz de schiste, le risque pour l’eau ne concerne pas seulement sa contamination, mais également sa surconsommation. La fracturation hydraulique requiert en effet l'utilisation de quantités considérables d'eau (entre 10 et 15 milles mètres cubes par forage), dont seule 40% environ peut être recyclée.

Les risques de tension autour de l’utilisation de l’eau

Cette donnée peut inquiéter dans des pays dont les ressources en eaux sont limitées mais qui disposent d’importantes réserves de gaz de schiste, comme l’Algérie. Toutefois, les tensions ne sont pas l’apanage des pays en voie de développement. Lors d'une sécheresse, en 2012 au Texas, les agriculteurs et pétroliers se sont battus pour avoir accès à l'eau. La situation s'aggravant, certaines municipalités ont interdits l'utilisation de l'eau pour les forages.

Dans un contexte de raréfaction des quantités d'eau disponible et de difficulté à traiter les eaux contaminées, la diminution des volumes d’eaux consommées dans le cadre de la fracturation hydraulique constitue un objectif prioritaire des recherches scientifiques en cours pour parfaire ces techniques. L'utilisation d'eau de mer pour pallier ce problème est également envisagée.

Des alternatives à l'eau ?

L’idée du remplacement de l'eau par un autre fluide est actuellement à l'étude, mais les méthodes alternatives restent à l'état expérimental. Les pistes les plus avancées sont pour l'instant :

  • la fracturation au dioxyde de carbone. Toutefois l’action de fracturation est mal maîtrisée, la taille des fissures est plus importantes qu’avec l’eau et les risques de fuite sont plus élevés.
  • la stimulation par arc électrique est une autre piste de travail, mais cette technique requiert également de l'eau et consomme d’importante quantités d'électricité. L'obligation d'avoir un générateur électrique en surface des puits remet sérieusement en cause la rentabilité énergétique de cette méthode.
  • une fracturation à l'hélium liquide est également à l'étude pour les gisements des régions très froides où l'eau gèle. Le gaz est injecté à l'état liquide et se vaporise grâce à la chaleur naturelle du sous-sol, le changement d'état entraine un changement de volume qui fracture la roche.

A propos de l'auteur

Un article d'. Passionné de montagne et de nature, Edouard est un acteur engagé (et enragé) de la lutte contre le gaz de schiste.