Contamination des nappes phréatiques par l’exploitation du gaz de schiste

L’un des impacts les plus nocifs de l’exploitation du gaz de schiste est le risque de pollution des nappes phréatiques. De nombreux retours empiriques ont mis en évidence les ravages provoqués par les produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique, et dont les fuites sont inévitables.

Les fuites des forages

La fracturation hydraulique se fonde sur l’injection d'eau et d’additifs sous très haute pression, entre 300 et 600 bars, dans le sous-sol. Une fuite du tubage peut donc entrainer une fuite de produits nocifs. En principe, les puits sont cimentés afin d'éviter toute pollution de l'environnement. Les faits sont différents pour une raison simple : la législation n'est pas harmonisée. L'exploitant d'un gisement de gaz de schiste au Texas est tenu, par exemple, de cimenter uniquement sur la profondeur concernée par la nappe. Le risque de pollution est alors accru. L'Institut Français du Pétrole attribue d'ailleurs les contaminations de nappes à un défaut de cimentation des puits. En outre, 90% des produits chimiques nécessaires pour la fracturation sont classés toxiques, cancérigènes ou mutagènes. Aucune technologie disponible aujourd'hui ne permet de traiter les eaux polluées par les produits injectés.

Les autres sources de contamination

Les techniques actuelles ne permettent pas de véritablement contrôler la longueur et la direction des fractures creusées dans la roche par la technique de la fracturation hydraulique. La remontée de produits chimiques via des fissures dans des directions non souhaitées et en direction des nappes phréatiques est donc probable.

D’inquiétantes études

Malgré les affirmations contraires des exploitants, certaines nappes phréatiques ont été polluées et contiennent désormais de l'eau impropre à la consommation. Une étude américaine, menée par des chercheurs de l'Université de Duke, a mis en évidence la pollution au méthane, à l'éthane et au propane de l'eau de plus d'une centaine de puits situés à proximité d'un bassin d'exploitation de gaz schiste. Les teneurs dépassaient, selon les chercheurs, le seuil légal des 10 milligrammes de méthane par litre d'eau et étaient 23 fois plus grandes que la moyenne en éthane. Ces chiffres sont alarmants puisque d'après le Pr. Jackson il n'y a pas sources biologiques de ces gaz dans la région. L'étude conclut que l'exploitant n'a pas suffisamment tenu compte des caractéristiques géologiques ni de la topographie lors du forage.

Les enjeux ont conduit le Congrès américain à formuler une demande d’enquête auprès de l'agence américaine de protection de l'environnement (EPA) pour étudier les conséquences de la fracturation hydraulique sur l'environnement. Suite à cette étude, l'exploitant d'un gisement a l'obligation de fournir la liste exhaustive des produits chimiques employés pour la fracturation hydraulique, obligation qui avait été suspendue par le Clean Water Act en 2005. Certaines entreprises ont d'ailleurs longtemps trainé à se conformer à la réglementation car certaines substances utilisées étaient interdites.

A propos de l'auteur

Un article d'. Passionné de montagne et de nature, Edouard est un acteur engagé (et enragé) de la lutte contre le gaz de schiste.