Les émissions de méthane et CO2 liées au gaz de schiste

Difficile de passer à côté du sujet des émissions de gaz à effet de serre lorsqu’on parle du gaz de schiste. A l’heure où les experts du GIEC estiment que la température du globe pourrait augmenter de 4,8°C d’ici à 2100 et le niveau des océans monter de 83 centimètres, la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre devient une priorité. Le gaz de schiste impose une double peine en la matière : d’une part la combustion du gaz génère des émissions de CO2, d’autre part d’importantes fuites de méthane au niveau des gisements aggravent fortement l’impact de l’exploitation de cette ressource sur le réchauffement climatique.

Le gaz naturel, une énergie fossile émettrice de CO2

La combustion du gaz naturel génère de l’énergie valorisée pour de nombreux usages, les plus connus étant le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire et la cuisson pour le secteur résidentiel. Au cours de cette combustion, le gaz naturel génère des émissions de CO2 relâchée dans l’atmosphère : 1 mégajoule produit par la combustion du gaz naturel cause l’émission de 55 grammes de CO2. L’exploitation de gaz de schiste prolonge l’ère pétrolière de surconsommation des énergies fossiles, avec les terribles conséquences que l’on connaît en matière de réchauffement climatique.

D’importantes fuites de méthane au niveau des gisements exploités

D’après une étude de la National Oceanic and Atmospheric Administration aux Etats-Unis, les fuites de méthane liées à l'extraction du gaz de la roche représenteraient 9% de la production ! Cette perte n'est pas sans conséquence puisque le méthane a un pouvoir de réchauffement climatique 25 fois supérieur au dioxyde de carbone. Ces fuites sont largement supérieures (entre 30 et 200%) à celles d'une exploitation de gaz conventionnel. En cause notamment, la technique de la fracturation hydraulique qui entraîne la remontée à la surface de fluides chargés de bulles de méthane se libérant dans l’atmosphère. Les auteurs d'une étude américaine menée sur 16 puits dans le Colorado affirment que les concentrations atmosphériques en gaz (méthane, éthane, propane et autres alcanes) sont plus fortes que la moyenne. L'institut Québécois de recherche et d'information (IRIS) affirme dans une étude que l'exploitation du gaz de schiste a fait grimper de 5% les émissions québécoises de gaz à effet de serre.

Bilan carbone global

En septembre 2012, la Commission Européenne a publié un rapport concernant les risques liés à la fracturation hydraulique et a conclu que l'extraction par cette méthode avait une empreinte écologique supérieure à l'extraction de gaz conventionnel. Dans un autre rapport, la Commission affirme que l'exploitation de gaz non conventionnel engendrerait une quantité plus importante de gaz à effet de serre que l'exploitation de gaz classique.

D’autres risques de pollution atmosphérique

En plus des fuites de méthane, l’exploitation du gaz de schiste est responsable d’autres émissions de polluants :

  • Le stockage de l'eau contaminée s’effectue dans des cuves à ciel ouvert. Des produits nocifs peuvent s’évaporer dans l'atmosphère.
  • Le transport du gaz par camions entraine d'importantes émissions de diesel, d'oxyde de soufre et d'azote dans l'atmosphère. On estime entre 900 et 1500 le nombre de trajets en camion engendrés par un seul puits.

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A propos de l'auteur

Un article d'. Passionné de montagne et de nature, Edouard est un acteur engagé (et enragé) de la lutte contre le gaz de schiste.