Les personnalités favorables au gaz de schiste

Arnaud Montebourg

En audition devant la Commission des affaires économiques de l’Assemblée, le ministre socialiste du redressement productif Arnaud Montebourg a exprimé en juillet 2013 une opinion « personnelle » selon laquelle il faudrait créer une société « publique et nationale » qui aurait la double tâche de l’exploitation des gisements français de gaz de schiste et de financement de la transition énergétique. Toujours à l’affût d’un coup médiatique, Arnaud Montebourg a toutefois pris soin d’assurer ses arrières en rappelant que la politiquement du gouvernement était opposée à la fracturation hydraulique et qu’il « faudra régler le problème de la pollution du sous-sol, qui est un pure scandale ». In fine, il estime « qu’on arrivera avec la technique, dans très peu de temps, au gaz de schiste écologique ».

Michel Rocard

En novembre 2012, l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a pris une position dépourvue d’ambigüité sur la question du gaz de schiste, estimant que la France était « bénie des dieux » grâce à ses réserves de gaz de schiste. Michel Rocard a estimé ne pas avoir trouvé « complètement convaincant ;» ses lectures sur les problèmes environnementaux soulevés par le gaz de schiste et juge qu’il n’est pas possible de se priver de cette ressource énergétique.

Claude Allègre

Ancien ministre socialiste, Claude Allègre est aussi géologue et dirigeait le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Scientifique sérieux, il faut lui reconnaître le mérite de détailler ses positions sur la question du gaz de schiste avec une précision inhabituelle dans un monde politique habitué à parler d’abord et à se renseigner après. Dans un long article publié dans Le Point en juillet 2012, Claude Allègre exprimait des positions pouvant être résumées ainsi :

  • Les bas prix de l’énergie sont un préalable nécessaire à l’innovation technologique et à la croissance.
  • Les forages de qualité sont étanches. Des normes doivent réglementer la provenance de l’eau injectée dans les sols et le traitement des liquides extraits. Il s’agit de garanties suffisantes pour prévenir les risques de pollution des nappes phréatiques et des eaux de surface, ainsi que l’utilisation abusives des ressources en eau.
  • La question du gaz de schiste détourne l’attention de la question des sables bitumeux (exploités notamment en Alberta, province canadienne) qui constituent le véritable scandale écologique du moment.
  • Le code minier français doit être réformé en faveur des propriétaires du terrain (et des collectivités locales).

François Fillon

En novembre 2012, l’ancien Premier ministre UMP François Fillon a jugé qu’il était « criminel de se passer des recherches » sur la question du gaz de schiste, et qu’il convenait de mette un terme au moratoire rendant ces recherches impossibles. Ce faisant, François Fillon a renié le moratoire voté sous la mandature UMP, expliquant que son gouvernement avait été favorable à laisser la porte ouverte aux expérimentations, mais que sa majorité à l’Assemblée ne l’avait pas suivi. François Fillon ne s’est toutefois pas exprimé directement pour l’exploitation du gaz de schiste à grande échelle en France.

Jean-François Copé

En juillet 2013, Jean-François Copé s’est positionné de façon similaire à celle de François Fillon, estimant « la question du gaz de schiste ne peut plus être un sujet tabou ». Pour Copé, l’enjeu reste bien de poursuivre les recherches sur le gaz de schiste tout en conservant à l’esprit les problématiques environnementales. Sentant probablement les craintes de l’opinion publique, ni Copé ni Fillon ne s’affichent en jusqu’auboutistes du gaz de schiste.

David Cameron

Le Premier ministre britannique conservateur David Cameron a affirmé des positions très pro-gaz de schiste en août 2013, le sujet divisant pourtant au sein même de son parti. Les arguments mis en avant sont avant tout économiques, avec la perspective de faire baisser les prix de l’énergie et d’améliorer la compétitivité de l’économie. Son Chancelier de l’Echiquier George Osborne a ainsi annoncé la mise en place de la fiscalité « la plus favorable au monde » pour encourager l’exploration des sous-sols du royaume, avec un taux d’imposition sur la production de 30% (contre 62% pour les hydrocarbures conventionnels).

Christian Bataille et Jean-Claude Lenoir

Le député socialiste Christian Bataille et le sénateur UMP Jean-Claude Lenoir sont les co-rapporteurs d’un rapport parlementaire dont certaines conclusions sont favorables au gaz de schiste. Selon eux, «La fracturation hydraulique reste la technique la plus efficace et la mieux maîtrisée pour extraire les hydrocarbures non conventionnels, et (...) des solutions existent pour le faire avec un impact acceptable sur l’environnement, à condition de respecter quelques règles». Pour eux, de grands progrès ont été effectué dans les techniques de fracturation hydraulique, devenue moins consommatrice d’eau et de produits chimiques. L’objectif devient alors de capitaliser sur les compétences françaises pour créer « une filière de fracturation propre », via des puits d’expérimentation.

Laurence Parisot et Pierre Gattaz

En octobre 2012, la présidente du MEDEF a cosigné un appel pour le lancement d’un débat national sur le gaz de schiste réunissant citoyens, ONG, industriels et chercheurs. L’organisation patronale s’était déjà exprimée sur la nécessité de poursuivre les recherches pour « évaluer les ressources et les exploiter dans de meilleures conditions ». Pierre Gattaz, successeur de Laurence Parisot, a maintenu une ligne similaire en estimant en juillet 2013 que la recherche devait pouvoir continuer à progresser sur la question du gaz de schiste au nom de la compétitivité de la France.

Henri de Castries

Le PDG d’Axa Henri de Castries a appelé de ses vœux en août 2013 l’exploitation du gaz de schiste dans une interview au Figaro. Pour lui, les actions législatives ayant interdit de facto de profiter de cette ressource relèvent d’une vision « régressive » et « frileuse » qui prive l’économie française du renouveau qu’ont connus les Etats-Unis grâce au gaz de schiste.

A propos de l'auteur

Un article d'. Passionné de montagne et de nature, Edouard est un acteur engagé (et enragé) de la lutte contre le gaz de schiste.